lundi 21 septembre 2009

Your daily dose of awesome. Your daily dose of me.


Aujourd'hui, fausse première journée de cours de l'année, et vrai douzième journée de recherche d'appart, j'étais un peu down, comme ils disent ici. Je me suis donc acheté deux pintes de Red Stripe à l'épicerie du coin, pour me sentir un peu à nouveau à SF, et je me suis mis devant un plat de pâtes au pesto. Mais c'est pas ça dont je vais te parler ici. C'est de ce qui était devant mon plat de pâtes, mon ordinateur. Et plus précisément même (parce que oui, je peux le faire) ce qui était sur l'écran dudit ordi, soit deux épisodes de la nouvelle série HBO: Bored to Death.

Pour résumer brièvement la série, il s'agit d'un auteur New Yorkais (Brooklinois même), qui, quitté par sa copine à cause de sa consommation trop abusive (selon elle) d'herbe et de vin blanc, se retrouve seul à s'emmerder sec dans son appart'. Du coup il décide de poster une annonce de détective privé amateur sur Craigslist. Et comme on s'y attend, chaque épisode correspond à une enquête.

Notre écrivain mi-slightly dépressif mi-Woody Allen est joué par Jason Schwartzman, son pote dessinateur de BD est joué par mon idole de toujours (surtout depuis deux ans) Zach Galifianakis, et l'ex-copine est jouée par la meuf qui joue la pote de Juno dans Juno (ouais j'ai la flemme de chercher son nom alors ta gueule).

Si tu connais Schwartzman et son goût pour tout ce qui est indie un peu fade mais pas trop, tu t'imagines déjà bien à quoi ça ressemble. Sauf que cette fois il s'y prend pas mal.

Bon évidemment il est pas seul sur le coup.


On a affaire à une série bien ficelée, super simple que ce soit au niveau de la storyline ou dans le jeu d'acteur, mais qui respire un amusement naïf assez communicatif.
Si t'acceptes le postulat de départ: juif new-yorkais+écrivain+dépressif+situations rocambolesques+ tu vois le genre, et que t'es prêt à te lancer dans le truc, tu te retrouves à bien te marrer.

Il y a un peu de Raymond Chandler là dedans (quelques clins d'yeux au monsieur apparaissent d'ailleurs), ça donne un petit effet faussement old school assez rassurant.
Il y a un peu d'humour aussi d'ailleurs, déjà le jeu hors-timing de Schwartzman se prête à merveille à ce personnage, on le sent se demander ce qu'il fout là, mais le faire quand même parce qu'après tout bon ben voilà. Et Zach Galifianakis est bon aussi, son rôle est mineur mais il apporte juste ce qu'il faut pour qu'on puisse espérer que l'histoire ne s'essouffle pas en une énième série d'enquête policière. Je veux dire, tu sens (ou du moins t'espères) que son boulot de dessinateur de Superhero Comics (mais qui retracent en fait presque linéairement sa vie = super machin va se faire faire une coloscopie) va se développer pour devenir partie intégrante de l'histoire.

Une petite série à suivre donc, deux épisodes ça veut pas dire grand chose, ils ont tout le temps de se planter, mais pour l'instant ça tient la route, et ça donne envie de re-regarder Meurtre Mystérieux à Manhattan avec un imper et un Borsalino en sirotant un jus de pomme.



vendredi 18 septembre 2009

La rubrique cinéma (une rubrique aléatoire et parfois médiocre) : Away We Go



Away We Go c'est le Juno pour trentenaire. Mais en mieux.
Alors vous pouvez cracher sur Juno parce que ça fait bon ton, c'était quand même un film bien frais comme on en avait besoin, c'était bien écrit, sassy, marrant et plutôt bien joué (ok, peut être un peu gimmicky).
Away We Go reprend un peu le ton indie-comédie qui traite de crise de vie (Juno= High School Drama et Entrée dans l'âge Adulte, Away We Go= Futurs Parents Drama et Trouver qui on est) mais en le magnifiant tellement que ça nous envoie ce film bien plus haut qu'on aurait pu le penser.
Je suis peut être un peu biaisé dans mon jugement, j'avais déjà une admiration assez grande pour Dave Eggers, responsable du scénario écrit à 4 mains avec sa femme Vendela Vida. En plus d'avoir été mon patron à San Francisco, c'est aussi, selon moi, un des meilleurs écrivains américains de sa génération, en tout cas un des plus frais et original.
Je crois qu'en voyant le film, n'importe qui de sensé admettra la même chose à propos de son travail ici. Il a non seulement réussi à insuffler le réalisme teinté d'humour qui fait sa renommée (et celle de McSweeney's) mais il a aussi réussi à faire de ce film une sorte de copie carbone de son histoire personnelle retranscrite dans son premier et extrêmement brillant ouvrage, Une Histoire Bouleversante d'un Génie Renversant.
Tu devrais presque lire le bouquin avant d'aller voir le film, c'est en rien une adaptation, mais tellement de détails qui paraissent anodin, ou même over the top, sont bien réels, et expriment en fait des émotions et évènements bien plus personnels qu'on le voit au premier abord.
Eggers, qui a perdu ses parents alors qu'il avait tout juste 21 ans, s'est retrouvé à devoir s'occuper de son adolescent de frère comme d'un fils, tout en tentant de ne pas foirer sa vie. Le livre cité plus haut (j'ai la flemme de retaper le titre) est le récit de cette entrée bordélique dans l'âge adulte, de la peur constante du futur, du sentiment de liberté incroyable qu'il provoque et de la terreur de ne pas être à la hauteur, de la responsabilité écrasante d'avoir quelqu'un à élever et du bonheur que ça représente. Ce livre est un joyeux bordel qui te donne envie de hurler ton bonheur/douleur par la fenêtre d'une voiture lancée à pleine vitesse sur une route de la côte californienne.
Et comme je le disais plus haut, Away We Go c'est un peu ça, mais en film. C'est cette même peur de ne pas être à la hauteur, cette attente fébrile de gosse un soir de noël, c'est ce gros mashup de sentiments que tu ressens dans ce genre de périodes de ta vie (et c'est pas limité au fait d'avoir un enfant, t'as compris qu'en fait c'est beaucoup plus vaste comme émotion. mmmh mmmh).

Et j'ai dit que c'était super bien joué?
John Krasinsky fait du John Krasinsky. Si t'as pas vu The Office US, tu traduis ça par: John Krasinsky joue un mec à la private joke toujours au rendez-vous, un mec à la fois dans son monde et les deux pieds bien plantés sur terre, le mec que t'as en tête quand tu penses à ton meilleur pote imaginaire.
Maya Rudolph est parfaite aussi. Et c'est assez fou de se dire que cette femme ai pu interpréter des personnages aussi pourris que Paris Hilton, J-Lo, Condoleeza Rice ou Liza Minelli au Saturday Night Live, et toujours rester crédible dans ce rôle. Rien que ça moi je dis, c'est un putain de travail d'acteur.

Et Sam Mendes, le réalisateur, est là pour surveiller tout ce beau monde et faire en sorte que tout aille bien. Comme dans son dernier film, Les Noces Rebelles, il fait dans le minimalisme esthétique, et il se concentre sur le jeu d'acteurs etc. En ressort un réalisme assez réconfortant quand on connait les excès de style dont il est capable (Road to Perdition=Un tableau de Hopper avec Tom Hanks qui pleure en portant une mitraillette).

Away We Go c'est un peu la comédie de la fin des 00's, ça réussi à être intelligent et drôle, à servir à quelque chose et à te divertir en même temps. Et ça te laisse ce petit truc au cœur à la fin qui fait te dire que tout ira bien.



(oh et j'ai dit que le scénario était bien écrit?)

vendredi 11 septembre 2009

Alternative Comics: part 1





Le problème de la BD américaine en France, c'est que quand t'en parles, les gens te disent tout de suite "blah blah, comics, blah blah superman, blah blah de la merde".

En fait c'est un peu plus compliqué que ça.

Déjà, et je ne rentrerais pas dans les détails là dessus parce que je ne suis pas très compétent dans le domaine, les comics de superhéros d'aujourd'hui sont bien BIEN plus que de simple histoires pour enfants et ados prépubères. La plupart du temps c'est des BD bien noirs, souvent assez glauque, où il est question des grands maux de notre temps à travers des métaphores mythologiques contemporaines.

ouais ouais.

Mais bref, moi ce qui m'intéresse ici, c'est ce qu'on appelle communément pour faire plus simple, la BD indépendante américaine.
On a là un genre encore peu connu en France, les classiques ont évidemment été traduits, mais pour le reste, il faut parfois aller chercher dans les (trop) rares magasins de BD qui vendent un peu de VO.
Oui, parce que chez nous, depuis Spirou et Tintin, nos rayonnages de Fnac sont principalement peuplés de productions Belgo-françaises (si si ça doit bien se dire) au format bien reconnaissable. Et c'est bien dommage. Pas le format je veux dire, l'omniprésence plutôt.

Alors effectivement la BD indé US, ou Graphic Novel, comme on se plaît à l'appeller souvent par esprit marketing, (et pour pas avoir trop honte quand on te pose la question) aborde des thèmes récurrents de l'art US: solitude, délitement de la société, mal être personnel et social, société de consommation destructrice, religion, sexe...
Mais est-ce que ce ne sont pas des thèmes qui nous intéressent tous au final?

Allez.

On peut au moins s'entendre sur le sexe non?


bon.


Si vous voulez le situer un peu dans le temps, ce "mouvement" de BD est apparu dans les années 80 en suite logique à l'apparition des "underground comics" dans les années 70 (comics underground, donc, souvent à caractère pornographique et qui décrivaient une réalité sociale souvent glauque. Auteurs notables: Robert Crumb et Gilbert Shelton), il a été crée en opposition au courant de comics mainstream US (ceux sur lesquels tu craches, tu sais) et regroupe des auteurs aux styles très variés et aux thèmes itou.

Pour vous donner un exemple de styles variés, je vous propose de regarder ce que fait Charles Burns, un des pape des comics indé du moment, et ce n'est pas pour me la péter mais un peu quand même, qui est aussi un collaborateur officiel des publications McSweeney's, un de mes anciens employeurs (oh yeah).

























Donc Charles Burns est l'auteur du fameux Black Hole, qui est un peu un monument de la BD contemporaine et que je ne peux que vous conseiller vivement de vous procurer et de lire:

C'est une oeuvre qui traite des peurs existentiels, c'est l'exploration à la fois de la psychée adolescente et d'un moment spécifique dans la culture américaine (l'apparition du SIDA dans les années 70 etc.). Une oeuvre noire, puissante, dérangeante, belle.


Dans un autre style donc, il y a Chris Ware, les thèmes sont toujours noirs, peut être un peu plus déprimants, mais aussi beaucoup plus drôle. Ouais, de l'humour noir en somme. Chris Ware c'est un peu l'autiste génie de la bande, un mec qui reste cloitré chez lui et qui passe ses journées à dessiner seul, complètement déprimant en personne, mais simplement génial en auteur.

Il est connu pour ses personnages de :

Quimby the Mouse, dont le style rappelle les premiers films animés de Felix le Chat, mais avec un ton bien plus actuel, réaliste et noir:


(ouais je sais on voit rien, ta gueule)


Rusty Brown, un homme-enfant, professeur de dessin et alter-ego de l'auteur, à la recherche des erreurs de son passé et de ses souvenirs d'enfance à travers la collection de figurines de jouets.


(va chercher ton image tout seul)


The Super-Man, un antisuperhéro dépressif, affublé d'une cape, d'un embonpoint et d'un calvitie naissante. Il est, selon Chris Ware, ce que serait Superman si il était réel (du coup on le voit faire pipi au dessus des nuages). Hilarant.


(là c'est quand il se suicide)


Et enfin, son personnage le plus connu, j'ai nommé Jimmy Corrigan aka the smartest kid on earth. Jimmy est à la fois un adulte déprimé doté d'un père absent et d'une mère étouffante qui se réfugie dans ses rêves, le grand père de ce type, tout aussi rempli de joie de vivre que son petit-fils et un enfant imaginaire (ou peut être simple souvenir d'enfance du Jimmy adulte), un petit génie dont la vie pleine d'aventure est l'exact opposé de celle de son double réel.



Tous ses personnages apparaissent notamment dans la série d'ouvrages crées par Ware lui même, et considérée aujourd'hui comme une pièce majeure de la BD indé US: The Acme Novelty Library. Il s'agit de 19 numéros d'une richesse incroyable, que tu mets mille ans à lire tellement il y a de trucs dedans, et que tu en redemandes après. La précision des détails, le foisonnement d'histoires de blagues, de récits parallèles, de fausses publicitées entièrement inventées par Chris Ware, font d'Acme Novelty une vraie expérience de lecture.

Et je dis pas ça à la légère, crois moi. Ouvre en un tu verras, si ca te retourne pas dans ton slip, je veux bien te filer le mien (de slip).


Moi, juste les couvertures suffisent à me les faire acheter:








Voilà c'est tout pour aujourd'hui. La prochaine fois je vous parlerais de Daniel Clowes, de Boneville (peut être), de Love and Rockets, des Freaks Brothers et d'autres trucs (ou pas).

Je ne serais que trop vous conseiller de prendre vos Converses à votre cou et d'aller dans la bibliothèque (si si ça existe encore) ou dans la Fnac la plus proche pour vous procurer un des ouvrage susmentionnés. Certains sont un peu chers (je vous conseille plutôt d'acheter du Chris Ware sur eBay ou Amazon, sinon ça coûte un bras quoi.) donc choisissez bien.

Mais surtout, s'il vous plaît, par pitié, ne le lisez pas comme un numéro de Titeuf en sautant de bulles en bulles. Je fais mon mec relou là, mais le dessin est aussi (voir parfois plus) important que l'histoire dans ce que ces ouvrages cherchent à exprimer.

(Chris Ware a aussi fait des couv' pour McSweeney's, mais comme ça me saoule de les charger ici t'as qu'a te démerder. En plus je suis à moitié sûr que t'en a rien à foutre, espèce d'ingrat).

jeudi 27 août 2009

La rubrique cinéma (une rubrique aléatoire et parfois médiocre) : Un Prophète




J'admirais déjà Jacques Audiard depuis un moment, depuis que je suis tombé sur Un héros très discret je sais plus trop où. J'avais regardé ça d'un demi-oeil, sans trop y croire, et j'avais fini par me laisser convaincre par le style, par les gros plans pleins de tensions, par le personnage principal à la fois perdu, mauvais et touchant.
Puis j'ai vu De battre mon coeur s'est arreté et Sur mes lèvres (dans le désordre) et je me suis dit: On a notre Scorcese à nous. La tension, les personnages au bord de de l'explosion permanente, l'odeur de défaite tragique et celle de revanche, tout ça me rappellait le Scorcese de Mean Streets. Et ce n'était pas pour rien, grand fan du cinéma des années 70, Audiard ne nous avait jamais caché ses inspirations, et le choix de ses personnages principaux en était le parfait exemple: Sombres (Duris), tendus (Kassovitz) ou marqués par la vie (Cassel), ils étaient tous des petits enfants de De Niro, Keitel ou Pacino.

SYNOPSIS (super rapide): Malik El Djebena, un jeune délinquant condamné pour six ans est protégé par des corses et organise son propre réseau en prison. (wikipedia)

La différence fondamentale entre les films de gangster classiques et le film d'Audiard est simple. Audiard ne cherche pas à trouver des excuses ou à glorifier son personnage, lui, il l'aime, il le trouve touchant, il nous le peint comme le héros d'une tragédie grecque. Mais version street-wise. Ce qui fait la force de ce film et là, dans la réussite d'Audiard à créer une atmosphère ultra-réaliste pour y injecter un scénario travaillé et quasi mythologique qui rappelle les films indépendants US des 70's, Coppola, De Palma et Scorcese en tête.

Mais, alors qu'on peut très vite tirer un lien entre le personnage de Pacino dans Le parrain, celui de Pacino (encore) dans Scarface, un peu de celui de De Niro dans Mean Streets et celui de Tahar Rahim dans Un prophète = Une petite frappe perdue qui s'accroche à la vie et essaye de se créer un réseau, on ne devrait pas le minimiser à une simple copie française de créations US.

C'est un film sur l'auto-éducation, sur la naissance d'un personnage, un film oedipien, un Scarface du pauvre avec dix fois plus de tension et dix fois moins de surjouage, c'est deux heures et demi d'une tension magnifique.
Les incursions métaphoriques présentes dans le film permettent de rythmer l'évolution du personnage, et suivent son cheminement ironiquement prophétique et rédempteur, et c'est à travers les apparitions de sa première victime initiatique en prison qui lui sert de compagnon de cellule tout au long du film ainsi qu'à travers ses rêves, que Malik entreprend sa renaissance, son chemin de croix qui devrait le conduire vers une délivrance.

Audiard nous livre un film d'une mise en scène irréprochable et il ouvre une nouvelle page dans le cinéma français, en osant enfin mélanger réalisme social et divertissement sans tomber dans les écueils souvent fatals aux productions françaises. c'est certainement le meilleur film de Jacques Audiard et très probablement le meilleur film Français de l'année.

Un coup de maitre donc, renforcé par la musique d'Alexandre Desplat (avec un bonus pour la scène transitionnelle qui contient la superbe chanson de Nas "Bridgin' the gap") et par le jeu d'acteur de Tahar Rahim qui aurait mérité une palme à Cannes et celui de Niels Arestrup fidèle à lui même.

mercredi 26 août 2009

Ce que pense Michel Sardou quand il va a une soirée et qu'il sait qu'il va y avoir un micro.






Bon, j'y suis dans une demi heure. C'est la sortie 34 et après tout droit jusqu'au croisement.

Je pense que ça va être une soirée sympa, Paul est un mec plutôt cool, donc ça va être détendu.
Une bonne soirée en perspective.

Le seul truc qui me fait un peu chier quand j'y pense, c'est qu'il m'ait dit qu'il aura un micro. J'veux dire, à quoi ça sert de me le préciser? Est-ce que ça me concerne personnellement?
Nan, je sais très bien pourquoi il me l'a dit.
Il veut que j'entre chez lui et que j'aille devant ce micro et que je chante cette putain de chanson. C'est toujours comme ça, alors pourquoi ça serait différent ici! A chaque fois que je vais à une soirée il y a toujours un mec qui après quelques verres me demande de la chanter. Ça ne rate jamais, les autres se joignent à lui et je finis toujours par la chanter. Qu'est ce qu'il ont tous avec cette chanson? Ca fait plus de vingt ans que je la chante cette putain de chanson, et y'en a pas un que ça saoule! A chaque fois c'est la même chose, c'est à croire que je suis invité juste pour ça. "Viens chez moi ce week end Michel, je fais une soirée, tu pourras chanter les Lacs du Connemara".
Et bah puisque c'est ça qu'ils veulent, m'exploiter moi et ma musique, qu'ils aillent se faire foutre, je la chanterai pas cette chanson.
Je sais ce que je vais faire, je vais entrer, je vais saluer tout le monde avec un air dégagé, je vais aller me servir à boire un cocktail...Non. Un Whisky...Non. Un porto. Ouais c'est bon ça le porto. Donc je vais me servir un porto, tranquille, et je m'approcherai pas du micro. Je ferais le mec cool qui s'en fout, genre j'ai même pas remarqué le micro et les amplis. Je vais aller discuter un peu avec Paul, on parlera politique et foot. Et moi je continuerai à là jouer tranquille, genre tout se passe normalement. Et si un mec me demande quand même de la jouer, je lui dirai que c'est stupide, que je suis à une soirée entre amis, et que je suis pas là pour embêter tout le monde avec un de mes vieux tubes.
Si je dis ça il va dire que j'ai la grosse tête. Il dira que j'ai la grosse tête et après tout le monde me regardera comme si j'étais une merde parce que j'ai refusé de chanter une simple chanson à ce mec. Pour qui il se prend ce type de toute façon? Est-ce que moi je lui demande de me faire une petite expertise comptable, ou de faire une rapide vidange de ma voiture? Alors pourquoi il vient m'emmerder? Parce que c'est juste un de ces parasites de soirées qui viennent pour briller en société. Ouais, c'est tout simplement ça, il rêve d'être le mec qui aura fermé le caquet de Michel Sardou. Je le vois déjà en train de se pavaner parce que j'ai refusé de chanter une chanson, parce que L'ARTISTE a refusé! Je vais être ridicule, et tout le monde va penser que je suis complètement imbu de moi même.
Pourquoi est-ce que je vais à cette soirée? Je vais rentrer chez moi et qu'ils aillent se faire foutre.
Non. Je reste calme, ce mec ne mérite même pas mon absence. Il ne mérite même pas mon silence! Je sais ce que je vais faire, je vais entrer et je vais directement me diriger vers le micro et là je le regarderai bien dans les yeux et je lui dirais "tu vois connard, tu ne réussira jamais à faire taire l'art!" et je chanterai les lacs du connemara.

Peut être même deux fois de suite.


mardi 28 juillet 2009

Le vide des hommes.






Hop vite faite je vous mets les sites deux deux artistes que j'aime bien.

Le premier, Vincent Fournier, un petit français qui a fait ses armes à l'Ecole Nationale de Photo d'Arles. Il joue sur les notion d'utopie perdue, de science fiction, des transformations de la nature faite par l'homme et de notre impact sur les choses. C'est beau, c'est pouétique, c'est drôle, un poil cynique et bref. Génial.



Et le second, Eugenio Merino, un jeune artiste espagnol qui fait des sculptures absoluments géniales, pleines d'humour noir et d'ironie. Il utilise la culture populaire pour faire passer ses réflexions sur les problèmes de nos sociétés et se retrouve donc à faire des trucs comme ça





ou comme ça.



Ca frôle le tragique parfois, c'est beau et drôle.



Future is now.



Si vous ne connaissez pas encore Wired, magazine et site internet sur les nouvelles technologies, je vous conseille fortement d'aller y faire un tour.
Et si vous y êtes, passez dans la rubrique, Dual Perspectives, c'est probablement la meilleure série d'articles sur les nouvelles technologies que j'ai lu depuis longtemps. C'est plein d'analyse sociologique, de calcul d'impact social, de réflexions futuristico-philosophiques et autres trucs qui sonnent flippants mais qui sont cools en fait.

Tout les articles s'appellent: "the future of..." suivi d'un sujet allant de la cyber sécurité en passant par les journaux et les iPhones jusqu'à la Reproduction. Ouais ouais, la Reproduction avec un grand R (et non pas forcément une grande bite).

Les auteurs analysent les avancées actuelles dans chaque domaine et tirent des conclusions sur les applications futures et les évolutions sociales qu'elles engendreront.

Du coup tu apprends qu'on est pas très loin de voir des mecs enceinte (ouais comme dans le film avec Schwarzenneger), de pouvoir créer sa propre monnaie, de voir disparaitre les téléphones portables, de finalement voir Twitter devenir la nouvelle forme de communication de demain, de voir les majors de disques commencent à se jeter la pierre pour la chute de l'industrie du disque,
de payer un abonnement à Le Monde pour savoir jusqu'à quand les travaux du coin de la rue vont durer mais de recevoir gratuitement des articles sur la politique mondiale, de voir ton patron s'inspirer de jeux vidéos pour peaufiner ses stratégies d'entreprises et finalement on risque surtout de voir encore une révolution dans le monde du média social.

Si ce genre de trucs vous branchent, alors je vous conseille d'aller jeter un oeil, ça vaut le détour.

Dual Perspectives